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Epaule et sport

PATHOLOGIE DE L'EPAULE CHEZ LE SPORTIF


Elle découle schématiquement de 3 situations :


  • Les contacts ou chocs directs et indirects.
  • Les sports d'armé qui génèrent des pathologies spécifiques.
  • L'hyper utilisation et les microtraumatismes répétés.

LES SPORTS DE CONTACTS SONT RESPONSABLES DE :


  • Fractures de l'humérus, de la tête et du col de l'humérus, de la clavicule et de la scapula.
  • Entorses sterno-claviculaires et acromio-claviculaires.
  • Luxations et subluxations gléno-humérales, sterno-claviculaires et acromio-claviculaires.
  • Déchirures et hématomes musculaires, ruptures tendineuses notamment de la coiffe des rotateurs peu fréquentes avant l'âge de 40 ans.
  • Lésions neurologiques parfois importantes avec paralysie du plexus brachial mais qui peuvent aussi passer inaperçues lors d'un traumatisme important et qui doivent être systématiquement suspectées et recherchées.

LES SPORTS D'ARME (HAND , TENNIS, VOLLEY-BALL, BASE-BALL, JAVELOT, WATERPOLO...)


La grande mobilité de l'articulation gléno-humérale, les forces exercées et la très grande rapidité de ces gestes sont responsables d'agressions répétitives sur toutes les structures stabilisatrices de l'épaule et notamment la coiffe des rotateurs et le bourrelet glénoidien.


Le mouvement de lancer se décompose en 5 phases :


  • La préparation.
  • L'armé.
  • L'accélération.
  • Le passage.
  • La décélération.

Les lésions occasionnés peuvent être liées à des phénomènes d'instabilité, de conflit tendineux ou neurologique et d'hyper utilisation dans le cas des arthropathies acromio-claviculaires.


En ce qui concerne l'instabilité, on parle d'épaule douloureuse et instable, alors que le sportif ne ressent que la douleur au moment du geste de lancer mais celle-ci est due aux lésions anatomiques du bourrelet et de la coiffe qui seront découvertes à l'examen et à l'imagerie.


On retiendra aussi la lésion de Bennett , que l'on voit sous la forme d'une petite zone d'arrachement à la partie postérieure de la glène et qui correspond à la traction qui s'exerce sur la capsule lors du lancer.


Enfin des lésions fréquemment retrouvées chez le lanceur sont les SLAP-lésions dues à des atteintes du bourrelet supérieur associées ou non à des lésions de l'insertion de la longue portion du biceps qui se fait en partie sur ce labrum supérieur. Une SLAP-lésion peut-être à l'origine d'un kyste rétro-glenoidien responsable parfois de la compression du nerf suprascapulaire avec paralysie et fonte des muscles supra et infra-épineux.


D'autres lésions secondaires à l'armé sont les tendinopathies de surmenage des tendons de la coiffe des rotateurs et les conflits entre les tendons et les autres structures anatomiques. On décrit le conflit sous-acromial entre le tendon du sus-épineux d'une part, etl'acromion et le ligament acromio-coracoidien d'autre part qui peut-être favorisé par un acromion crochu. Il existe aussi un conflit postéro-supérieur, décrit par Gilles Walch , en particulier chez le hand-balleur, le tennisman, le perchiste, qui est du  à l'impaction du tendon du sus-épineux sur la partie postéro-supérieure du bourrelet glénoïdien.


Le diagnostic clinique et radiologique n'en est pas aisé et le traitement qui nécessite en géneral un repos assez long et un changement du geste technique du sportif, se heurte à la volonté du sportif et à ses échéances. La chirurgie sous arthroscopie sera alors envisagée après un traitement médical d'au moins trois mois.


L'HYPER-UTILISATION ET LES MICROTRAUMATISMES REPETES


Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs. Elles sont favorisées par un mauvais geste technique, un matériel inadapté, une reprise sportive trop rapide, une mauvaise hydratation et peuvent donc être prévenues par une bonne gestion par le sportif.


On évoque aussi la responsabilité de phénomènes vasculaires dus au fait que  il existe une hypovascularisation à 2 cm de l'insertion des tendons de la coiffe des rotateurs majorée par l'abducton et l'adduction de l'épaule comme dans le crawl.


L'arthropathie acromio-claviculaire qui peut certes être secondaire à des chutes répétitives chez le judoka et le rugbyman, mais aussi par des gestes répétitifs dans certains sports notamment la natation, le volley-ball, le tennis …


Il existe aussi des lésions neurologiques par étirements itératifs dans des sports à grandes amplitudes de mouvement comme le tennis.


  • Le nerf long thoracique ou nerf de Charles Bell peut-être étiré dans des gestes comme la fin du service au tennis et entrainer un décollement de l'omoplate source de perte de force et de dysynchronisme articulaire et musculaire.

  • Le nerf axillaire peut-être comprimé dans l'espace sous-quadrilataire par la compression du paquet vasculo-nerveux par l'existence de bandes fibreuses secondaires à des traumatismes répétés et responsable de l'atteinte du teres minor(ex petit rond).

  • Le nerf suprascapulaire peut être lésé par étirement répétés à son passage dans l'échancrure coracoïdienne puis dans l'échancrure spinoglénoidienne , se traduisant par une amyotrophie et un déficit des rotateurs externes.

En conclusion la pathologie de l'épaule chez le sportif est secondaire à des traumatismes.


Directs ou indirects plus ou moins spécifiques au sport, mais surtout à de véritables technopathies liées au geste sportif et qui peuvent être prévenues par un apprentissage du geste technique et un entrainement spécifique pour lesquels une bonne collaboration entre les entraineurs et l'environnement médical devrait être développé, en particulier lors du plus jeune âge dans les clubs et les centres de formation.